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Stupeflip

 

 

28 FEVRIER 2011, date de sortie du nouvel album de STUPEFLIP : « The Hypnoflip Invasion ».

Il commence par l’affirmation « Le Stupeflip C.R.O.U. ne mourra jamais » et le deuxième morceau déclare que le C.R.O.U. a disparu en 2999. Tout meurt tout le temps dans Stupeflip et tout bascule au passé, même l’avenir. Fabien Pollet meurt en 1979, Kingju est déjà mort, Pop-Hip se fait tuer. On doit également comprendre cela :

Stupeflip n’évoluera pas, il se fermera en spirale dans l’antériorité du Grand Rien, qui se confond avec le moment de la naissance. L’objectif n’est pas d’avancer, mais de rester attaché obsessionnellement aux références les plus terrifiantes de l’enfance.

Produits sur une décennie, les 3 albums de Stupeflip suivent une ligne extrêmement proche où la fin de chaque album forme le commencement du suivant. Entre les chansons, des intermèdes posent le décor ou commentent la narration, et chaque disque se termine par un tour de force de plus de 7 minutes, où des monologues apocalyptiques se succèdent sur des musiques répétitives à grande intensité dramatique.

« The Hypnoflip Invasion » va jusqu’au bout de l’embarrassant.

Dans ce 3ème disque, plus fou et plus beau encore que les deux premiers, Stupeflip dessine la fleur transfiguratrice d’un hilarant pathétique. Rempli de récits d’amour paradoxaux (« Gaëlle », « Gém les Moch »), il est à la fois plus désenchanté et plus joyeux. De « Foule sentimentale » à Mylène Farmer, du fromage Kiri aux images Panini, rien n’est chic ni cool dans ce que raconte Stupeflip, tout est flippant parce que tout est vrai : vrai le pathos d’enfant malade qui a peur d’être pris pour fou, vrai le « spleen des petits », vrai la rage d’en finir avec un monde mauvais et tous ses émissaires (« je les déteste »).

Le disque s’achève sur un monologue très drôle et très triste sur le crayon Titi : « Eh, tu sais ce que j’ai au bout des doigts ? J’ai un crayon Titi. Eh ouais un crayon avec une tête de Titi au bout. Et avec ce crayon Titi, je vais écrire un maximum de trucs, parce que j’ai envie de bouffer la Terre entière. Je vais vous stupéfier avec mon crayon Titi, parfaitement. Je vais vous scotcher à base de samples de ouf qui emportent la tête. J’vais vous titiser la cervelle. J’vais en faire du flan alsa rien qu’avec mon crayon Titi. »

La troisième ère du stup commence maintenant.

Et l’invasion se manifestera par une tournée, qui passe par Mégascène, dont la radicalité s’exprimera avec une précision plus rigoureuse que jamais.

Plus visuelle et plus dramatique, le tour que prépare Stupeflip à son public d’âmes damnées aura la logique d’une machine infernale.

Mais tout le monde sait que la terreur sur Terre, le flip hypnotique suprême, est l’apanage des gros travailleurs.

La grande Vengeance, c’est de refaire le monde, miette après miette : « Prendre des p’tits bouts d’trucs et puis les assembler ensemble. »

Pacôme Thiellement

 

 

 

 

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